|

Articles

25 Sep 2025

Stéphane Pinhal « Je ne voyais pas les Open Swim comme étant 9 dates différentes mais comme étant un tout »

Ce mois-ci nous avons rencontré Stéphane Pinhal qui a participé à toutes les épreuves de l’édition Open Swim Harmonie Mutuelle 2025. Stéphane est le premier nageur à s’être engagé à toutes nos épreuves sur une même édition alors qu’il était un pur néophyte de la discipline. Nous vous proposons de découvrir son aventure inédite et les défis qu’il a dû surmonter pour la réussir.

Bonjour Stéphane, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Stéphane, j’ai 39 ans et je suis commercial. Je vends des instruments de laboratoire pour la recherche médicale. Les instruments que je propose permettent de contrôler les effets des médicaments sur l’organisme. En gros, quand ton médecin te dit de prendre un médicament toutes les 6 heures, c’est qu’il y a eu des études faites en amont avec mes instruments notamment.

Depuis quand nages-tu ?

C’est une bonne question. J’ai repris la natation il y a un an et en même temps je me suis inscrit à tous les Open Swim Harmonie Mutuelle.

Quand tu me dis « j’ai repris », cela veut dire que t’as nagé dans le passé ?

Effectivement, quand j’étais môme j’étais dans un club mais je n’ai jamais fait de compétition. C’était une petite association de quartier pour apprendre à nager. Je pense que j’ai dû nager pendant 2/3 ans, une fois par semaine le samedi. Rien de très sérieux. À l’époque, on avait les médailles, les tritons, quelque chose comme ça. Donc j’ai dû passer un triton ou un dauphin, puis j’ai arrêté de nager quand j’étais en 3e. Ma technique n’était pas optimale, mais j’arrivais à avancer.

Quelle est la genèse de ce projet de participer à toutes les étapes 2025 de l’Open Swim Harmonie Mutuelle ?

J’y ai plusieurs fois réfléchi parce qu’on me pose souvent la question, et au final je n’ai jamais trouvé la réponse. Honnêtement, je pense que j’ai dû voir passer quelque chose et je me suis dit « Oh, c’est cool ! ». Je me souviens maintenant qu’en 2019 j’avais repris un petit peu la nage. Je m’étais inscrit dans un club de natation de Lyon et ensuite il y a eu la COVID qui a tout freiné. Mais déjà en 2019, je voulais le faire. Je me souviens qu’à l’époque où vous étiez présent à Toulouse, j’avais dit à une à une pote : « Viens on le fait ! » Mais je ne m’étais pas inscrit, mais elle oui.

Et finalement tu n’es pas allé au bout de la démarche cette année là.

Non et du coup je suis allé au bout de la démarche que cette année. J’ai repris l’année dernière la natation, en même temps que je reprenais le sport en général avec de la musculation et tout le reste.

Reprendre la natation et s’inscrire à un événement en eau libre, c’est une chose. Mais s’inscrire à 9 événements une même année c’est vraiment très différent. Sans parler des 2 Open Swim Camp auxquels tu as participé.

Ça c’est tout moi. Je pense que tu l’avais très bien résumé quand nous étions tous à table à Agde lors du stage, en disant qu’effectivement j’étais apparu comme un OVNI. J’aime bien me lancer des challenges, j’ai besoin de ça et surtout quand c’est quelque chose que je ne maîtrise pas, que je ne connais pas. Du coup, là je m’étais dit « Bah pourquoi en faire un ? non, on va tous les faire ! ». Pour moi je ne voyais pas les Open Swim comme étant 9 dates différentes mais comme étant un tout. C’était un peu ça l’idée.

Quelles étaient tes appréhensions avant de participer à ton premier Open Swim ?

Alors là, pour être honnête avec toi, j’étais en panique parce que je n’avais jamais nagé en eau libre et que je n’avais aucune idée de ce que c’était. 2 semaines avant le premier événement à Lacanau, j’avais reçu ma combinaison Néoprène et j’étais allé au lac du Bourget pour tester les conditions. J’y suis allé avec l’idée que c’était comme si je me rendais dans une piscine. J’avais la bouée, la combinaison, donc bien équipé, et je me mets à l’eau. Mais au bout de 250 mètres je fais une grosse crise de panique. J’avais du mal à respirer et je me suis dit : « Est-ce que c’est la combie qui est trop serrée ? Est-ce que c’est juste autre chose ? » Je ne savais pas bien ce qu’il m’arrivait. Je me suis accroché à ma bouée et suis revenu sur la berge. Une fois debout, j’ai repris un petit peu mes esprits et me suis calmé. Comme je n’avais pas d’expérience je m’interrogeais : « C’est peut-être que l’eau est trop froide où que j’y suis allé un peu tête baissée sans trop réfléchir ». Malgré la crise, je me suis dit : « Non mais attend, maintenant que je suis là, j’y reste ». Donc j’ai continué à faire de petits allers-retours de 200 à 300 mètres, et à la fin je me suis quand même fait une petite séance de 1 000 mètres et quelques. A l’issue de cette première expérience physiquement ça allait, par contre le moral ! Je reviens à ta question de mon appréhension avant mon premier Open Swim. C’est qu’effectivement, quand j’étais dans l’eau et que je nageais, j’étais là « Mais qu’est-ce que tu fous là Stéphane ? C’est quoi encore cette merde dans laquelle tu t’es engagée ? » J’étais déjà en train de me dire que j’avais déjà réglé toutes mes participations et que ce n’était pas malin. J’avais payé les 2 stages. J’avais absolument tout, tout, tout. « Mais qu’est-ce que t’as fait ? T’as acheté une combie  » Mais là il était hors de question de baisser les bras, et je suis allé à Lacanau.

De mémoire lors de l’épreuve de Lacanau tu étais engagé au 2 km. Tu étais parti fort pour une première !

Effectivement, et j’ai été très content quand tu as annoncé lors du briefing que ceux qui ne se sentaient pas d’aller au bout du 2 km, pouvaient sortir après la boucle du premier kilomètre, et seraient classés dans la course du 1 km qui se disputait en même temps.

Cela t’a rassuré mais finalement tu es allé au bout de ton 2 km.

Et oui, mais il m’est arrivé la même chose que lors de ma première sortie en eau libre. J’ai commencé à faire une crise de panique, mais là c’était peut-être parce qu’il y avait du monde dans tous les sens. J’ai reçu des coups de bras, des choses comme ça, qui m’ont mis dans le même état. Mais une fois passée la première bouée, plus j’avançais et plus j’arrivais à ressentir la glisse et la nage comme je l’ai en piscine. Mais ensuite, soyons honnête, l’orientation ce n’était pas ça. A chaque fois je perdais du temps. Mais j’ai avancé en me disant : « Bah écoute, au pire tu t’arrêtes au premier kilomètre ». Mais comme la sensation était bonne, au moment du passage de la bouée du 1 km j’ai tourné à gauche et non à droite pour rejoindre l’arrivée, et j’ai fait mon 2e kilomètre. Mais en fait il était hors de question que j’abandonne.

De cette première expérience à Lacanau, je suppose que tu étais satisfait d’avoir réussi ton premier challenge ?

Absolument. Première expérience, une vraie expérience, et j’arrive au bout. Donc oui, satisfait. Plus généralement, je ne me suis jamais engagé sur une course, peu importe laquelle, en me disant je vais faire un temps où je vais viser quelque chose. Mon idée était de démarrer, finir et prendre du plaisir. Et surtout encaisser de l’expérience, vraiment accumuler de l’expérience pour un jour peut-être faire un truc un peu plus long, et ainsi de suite.

Après cette première expérience tu as enchaîné avec l’Open Swim Camp de Agde. As-tu renforcé ta confiance en participant à ce stage ?

Je pense que si le stage s’était déroulé avant mon expérience de Lacanau, cela m’aurait beaucoup rassuré. Mais du coup en arrivant au stage, je savais effectivement à quoi m’attendre. Autant j’avais de l’appréhension pour Lacanau, autant pour le stage, zéro ! C’est à dire que dès que je me suis retrouvé dans l’eau, j’étais tranquille. Je me sentais bien. Ce stage était vraiment sympa, ainsi que celui de Saint-Pierre Quiberon d’ailleurs. Tu n’es pas tout seul, tu es bien encadré par les coachs, et tu es avec d’autres stagiaires qui sont dans la même perspective que toi. Et ça c’est cool, vraiment très sympa ! J’y ai rencontré des gens que je continue à voir aujourd’hui. Avec qui j’ai déjà des projets pour le futur, donc ce n’est pas juste :  » Un One shot, et puis c’est tout ! ». Dans nos conversations WhatsApp on se tient au courant de nos différentes participations aux événements, et un peu de nos avancées communes.

Comme tu le dis, rencontrer des gens au travers de nos stages c’est aussi rencontrer des nageurs qui avait à la base les mêmes difficultés que toi, et qui aujourd’hui sont motivés pour continuer la discipline et se retrouver pour s’entraîner.

Mais c’est exactement ça, parce que moi j’arrivais un peu comme un néophyte avec moins d’un an d’expérience, et tu rencontres des nageurs qui ont les mêmes questions, les mêmes doutes alors que pour certains ils ont plus d’années d’expérience que toi. Cela m’a permis d’échanger « Ah toi tu fais ça comme ça, moi je fais ça comme ça, quelles sont tes sensations ? » Par exemple lors de l’Open Swim de La Baule, on s’est retrouvé avec des nageurs qui avaient participé au stage de Agde ou de Saint-Pierre Quiberon, et c’était vraiment sympa. Nous avons commenté nos courses respectives en partageant nos sensations, et c’étaient amusant de voir qu’on avait tous eu exactement le même sentiment. C’est à dire qu’avant la première bouée, on avait tous eu envie d’abandonner la course, et qu’ensuite on a poursuivi et terminé.

Quel était le fait que vous retrouviez tous avec ce même sentiment avant le passage de la première bouée ?

C’était littéralement d’être les uns sur les autres, beaucoup plus que sur les autres épreuves auxquelles j’ai participé. A la Baule les départs sont différents, cela ressemble plus à un départ de triathlon. Mais ensuite, à part la boule au ventre au départ, la course s’est très bien passée. J’ai pris mon pied ! Il y a 2/3 photos de moi sur votre page Facebook qui le démontre. J’ai le sourire et je prends la pause (rires).

Si tu devais choisir une seule épreuve sur les 9 Open Swim auxquelles tu as participé, ce serait laquelle ?

Ce n’est pas facile comme question. Sur toutes ? une seule ? j’ai bien envie de te dire Lyon pour le coup. Mais là c’est un peu tricher. C’était le fait d’être à la maison et de reconnaître où je me situais dans Lyon par rapport à la berge. De savoir que le parcours je l’ai fait à pied tant de fois, et que là j’étais en train de le faire à la nage. Tu vois par exemple, tout à l’heure, tu me posais la question de savoir à quel moment je me suis mis en tête de participer à 9 Open Swim. Finalement je me demande si tout n’a pas démarré d’une course à Lyon où j’étais juste venu en spectateur, où je marchais comme j’en ai l’habitude sur les quais et que j’ai vu les gens le faire. J’ai dû enregistrer cela au fond de ma mémoire. 

Lyon est celle que tu as préférée, et qu’elle est celle que tu as le moins aimée ?

Je ne sais pas, c’est plutôt par rapport aux sensations du moment. Si je devais en choisir une ce serait Gérardmer. J’ai surtout le souvenir d’avoir perdu mon bonnet pendant la course, et de l’odeur de d’essence des bateaux qui nous encadraient. Mais sinon franchement je n’ai pas eu de mauvaise expérience.  C’est plus personnel. J’ai la difficulté de compter les tours. Je suis très mauvais en comptage et j’ai la même difficulté en piscine. C’est-à-dire que si tu me dis qu’il faut que je fasse 3 tours comme à Paris, je vais me demander pendant 2 tours combien de tours j’ai déjà fait.

Tu me parles de l’épreuve de Paris qui s’est déroulée dans la Seine. Qu’en as-tu pensé ?

Franchement Paris c’était très sympa. J’ai vraiment bien aimé.

Organiser une épreuve dans la Seine à Paris était une première pour nous. T’es-tu posé des questions avant de te mettre à l’eau, alors que des polémiques ont été présentes depuis les Jeux sur la réalité de la qualité de l’eau ?

Pour moi me baigner dans la Seine c’était ok. Parce que quand j’étais à la fac je faisais de l’aviron et je ne peux pas te dire le nombre de fois où j’ai fini dans la Seine. Donc ça allait. Je n’avais pas d’appréhension. Mais pouvoir nager dans la Seine, se dire que j’étais là en plein milieu de Paris et que je l’ai fait. Ça c’est vraiment cool !

Comme tu es le seul nageur à avoir participé à toutes nos étapes, aurais-tu des choses à nous remonter par rapport à l’organisation de nos épreuves ?

Ben non, c’était très sympa, franchement. Comme nous avons fini par mieux nous connaitre au fur à mesure des épreuves, je suis devenu bénévole à Lyon. C’est un peu aussi ma vision des choses. Je ne suis pas trop dans la consommation. C’est à dire que je ne participe pas juste pour venir serrer des pattes et repartir. Ce qui m’intéresse c’est de participer au bon sens du terme, comme de continuer nos conversations WhatsApp avec ceux qui ont participé aux stages.

Nous arrivons au terme de l’interview. Est-ce que tu comptes l’année prochaine participer, peut-être pas à 9, mais à plusieurs de nos épreuves ?

Je ne vais certainement pas faire les 9, parce que l’année prochaine j’aimerais bien me mettre au SwimRun. Et puis j’aimerais bien aussi m’orienter sur des épreuves un peu plus longues. Mais pour le coup il va falloir que j’améliore ma moyenne par 100 mètres, que je travaille sur la technique et l’orientation pour m’inscrire sur des épreuves de 5 km. Et pourquoi pas participer au 7 km à Lyon.

Interview réalisée par Laurent NEUVILLE le 23 septembre 2025